Le léopard d'Aquitaine dans le vent du port de BORDEAUX, celui la est sur la péniche ROYAL, il en existe un autre sur la péniche BURDIGALA, que l'on trouve amarré au ponton Yves PARLIER, non loin du pont de pierre. en fond la cathédrale PEY BERLAND et sa tour, l'église Saint REMI, et une partie des façades des quais de BORDEAUX. (Photo PCL 11/03/2006)
Ci-dessous je me permets de recopier des textes de http://groups.yahoo.com/group/Gasconha-doman, au sujet du léopard d'Aquitaine; du fait de mon intérêt pour la Gascogne, le Béarn et la véritable histoire et identité de ma région.
POLÉMIQUE. --L'emblème de l' Aquitaine remis en cause, Le léopard de l'Aquitaine anglaise
texte de Patrice Sanchez dans le journal Sud Ouest du 29 juin 2007
L'Aquitaine recule
POLÉMIQUE. --L'emblème de l’Aquitaine ne sera pas celui de la Guyenne anglaise. Les Béarnais conservent leur souveraineté
L’ex-futur emblème de l’Aquitaine a réveillé des fantômes. Présenté dans le dernier numéro du magazine de communication du Conseil régional, la future oriflamme reprenait le blason de l'ancienne Guyenne anglaise. Celui du Prince Noir et de son frère, le duc de Lancastre. L'affaire a suscité tellement de réactions négatives en coulisses qu'Alain Rousset a préféré faire marche arrière. L'air de rien, lundi, il a demandé aux élus du Conseil régional de se prononcer. Ils ont rejeté le projet. Un soulagement pour tout le monde.
Le scandale couvait depuis plusieurs semaines. Pour incarner la Région, le président Alain Rousset et son équipe avaient retenu le léopard rouge sur fond jaune sans se douter qu'ils allaient relancer une polémique enracinée dans la guerre de Cent Ans.
Une déclaration de guerre. « Pour le Béarn et la Basse Navarre, c'était vraiment une déclaration de guerre. Vouloir ressortir le léopard fait preuve d'un incroyable mépris et d'une méconnaissance de l'histoire », s'emporte encore Joseph Miqueu, président d'un cercle historique, à Navarrenx. « C'est comme si on imposait le drapeau français à la Suisse romane. Notre Gaston Fébus qui avait obtenu l'indépendance doit se retourner dans sa tombe. Les Béarnais ne seront jamais prêts à plier le genou et à baisser la tête devant les nouveaux seigneurs. Au fait, de Guyenne ou d'Aquitaine ? »
Ancien régime. Depuis le début de l'affaire, c'est le silence radio du côté du cabinet du président Rousset. Un certain nombre de lettres de protestation ont en tout cas été adressées à Bordeaux dès le début du mois de juin. On a aussi tordu le nez en Dordogne, là où le spectre de l'ancienne
province du Périgord et de la présence anglaise déchaîne périodiquement les passions contre les symboles de l'ancien régime.
Mais revenons en l'an de grâce 1362. Édouard de Woodstock, prince de Galles, fils aîné d'Édouard III, devient prince d'Aquitaine. L'homme est redoutable. On le surnomme le Prince Noir à cause de la couleur de son armure. Son frère, Jean de Gand, est le duc de Lancastre dont le fils, né en 1367 au
palais archiépiscopal de Bordeaux, deviendra Richard II, roi d'Angleterre. Leur territoire descend jusqu'à Bayonne et comprend Quercy, Périgord, Limousin, Rouergue, Bigorre, Armagnac, Agenais, Saintonge, Angoumois et Poitou.
Rois de France et de Navarre. « Les Béarnais, indépendants en 1347, se sont battus contre les Anglais. Gaston Fébus ne tenait sa terre que de Dieu et de son épée », rappelle Joseph Miqueu.
Un peu plus tard, les vicomtes de Béarn deviennent rois de Navarre. Tandis que le protestantisme porté par Jeanne d'Albret forme le socle du nationalisme béarnais. À partir du bon roi Henri IV (Henri III de Navarre), tous les rois de France deviendront aussi les souverains de Navarre. Le Béarn et la Basse Navarre ne seront réunis à la France qu'en 1620, sous Louis XIII. Mais ses fors et privilèges, maintenus. La cour de justice, le conseil souverain et la chancellerie ont eu, dès lors, l'obligation de
rédiger leurs procédures en français. Un ordre respecté avec retard, à la Révolution.
Dans ce pays de « montagnards libres ayant la faculté de choisir leur seigneur », l'histoire n'en finit toujours pas.
Auteur : Patrice Sanchez
Source : Sud Ouest du 29 juin 2007
http://www.sudouest.com/290607/reg_bearn.asp?Article=290607aP583673.xml
texte de Guilhem Pépin dans http://groups.yahoo.com/group/Gasconha-doman
Adishatz monde,
Si cet argumentaire béarno-navarrais peut se comprendre, le fait d'affirmer sans nuances que les Béarnais ont combattus les "Anglais"... qui d'ailleurs comprenaient pas mal de Béarnais dans leurs rangs (!) montre une fois de plus l'ignorance crasse de l'histoire médiévale de notre région de la part de nombre de nos compatriotes. Même remarque pour ceux du Périgord. Quand aux connotations d'Ancien Régime... Il ne faut pas trop s'en faire: on se trouve dans le pays d'Europe qui s'ingénie sans aucun doute à les débusquer, à les traquer et à les censurer même là où elles ne se trouvent pas !
Non ! En fait, la plus grande erreur de la région Aquitaine n'est pas d'avoir désiré remettre en circulation le léopard de Guyenne, mais c'est son obstination à le représenter rouge sur fonds jaune alors que tous les témoignages historiques le montre jaune sur fonds rouge !
Cela semblera un détail mineur pour beaucoup, mais laissez-moi vous citer quelques exemples:
Viendrait-il à l'idée de la Catalogne de changer officiellement les couleurs de son pal jaune et rouge en fluo pour faire plus branché ? A l'Ecosse d'inverser les couleurs de son drapeau à la croix de St André blanche sur fonds bleu car cela fait trop "britannique" ? A la Flandre de mettre son lion en jaune sur fonds noir alors que ce fut tout le temps depuis le XIIe siècle un lion noir sur fonds
jaune car cela fait trop "Ancien Régime" ? Non, bien sûr. Il n'y a que les régions françaises pour penser et faire des stupidités pareilles, et faire souvent bien pire en payant la peau des fesses des logos moches et sans âmes.
J'ai tenté d'intervenir sur ce sujet qui me semblait le plus important dans cette affaire, mais, même si je suis cité dans le dernier journal du conseil régional, le message n'a pas été vraiment correctement compris... et on ne peut dire que le conseil régional fasse grand cas d'un historien qui a
- une fois n'est pas coutume - étudié en détail depuis des années les origines et les utilisations des différents emblèmes "régionaux", y compris ceux du Béarn ou de la Navarre.
Il est par ailleurs très triste de constater que les deux léopards normands n'ont aucun mal à être arboré et reconnu en Normandie et que notre pauvre léopard de Guyenne ou d'Aquitaine soit dans un coma profond, malgré quelques utilisations ci et là.
Au fait, une petite précision: Guyenne et Aquitaine sont deux noms exactement synonymes. J'ai trouvé aux XIIe-XIIIe siècles la version intermédiaire de ce nom qui était alors le nom "populaire" utilisé pour désigner l'Aquitaine: Aguiene en langue dite aujourd'hui "d'oïl" et Aguiana en langue dite aujourd'hui
"d'oc".
Au cours de ces siècles, le "A" initial est tombé pour donner "Guienne" et "Guienna" (Guiayna ou Guiayne en gascon médiéval). Ce ne fut qu'au cours du XVIIIe siècle que la forme Guyenne s'imposa définitivement au détriment de la forme Guienne.
Pour conclure: si le pouvoir régional était un véritable pouvoir autonome comme dans tous les états voisins, il ne serait pas effrayé par quelques lettres et autres réflexions. Et il tenterait de rechercher et de rétablir son emblème historique sans vouloir le "moderniser" ou le dénaturer suivant les idées reçues du moment...
Bref, la décentralisation française n'est encore qu'une déconcentration, surtout dans les esprits, et cet épisode n'est qu'un des symptômes de la fragilité de l'échelon régional.
Guilhem Pépin
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