Extrait de Marieto, Théâtre gascoun de marcel durey (1854-1936) ,1937 imprimerie couderc , Nérac
Scène huitième
(Les jeunes gens et jeunes filles de la campagne, en costume gascon, entrent à droite)
(Marieto se joint à eux et presse les mains qui se tendent vers elle)
Lou palot : (aux jeunes gens et jeunes filles)
Que Bèngo, que bèngon touts ! Lou Matias, tabea :
(a Matias) B’ats beze,Matias,s’es beroy ! Aqui cadum parlo la lengo de sun bilatje, la lengoque cadun a apres damb la léy qu’a poupat. Y Garounes, Lanus quets, Limouzis, catalans, Biarnes
Matias :
Biarnes ?
Lou Palot :
Oui, oui.E touts se comprengon, pramo y a uo lengo que touts parlon, la lengo de l’amistat.
Matias :
Biarnes ! Ey ahut un bourdilè qu’éro biarnès. Ah ! y aouè aqui un famus cantayre ! Touto la journado cantaouo la mémo cansoun.
Lou Palot :
La counegots, Matias ?
Matias :
Diable ! se la counegui !
Marieto :
Papay, la pouyrets canta à la felibrejado.
Matias :
La felibrejado ?
Marieto :
Oui, la hésto gascouno, at apèron uo felibrejado.
Lou Palot :
Aui, cadun canto ço que bo. La diourets canta, Matias. Que ço qu’es, aquèro cansoun ?
Matias :
Lou bourdilé me digout qu’éro uo biello cansoun d’un troubadour biarnes . Que l’an recactado.
Lou Palot :
Que sie dou Biarn ou de la Gascougno, de la lanoou dou terre-hort, dou sable ou de la montagno, dous bors de la garono ou dous bors dou gabe, proubençaouo ou carcinol, tout aco es la lenga d’oc ! coumo s’apèro, aquero cansoun ?
Matias :
S’apèro « la biello d’Aoulouroun »
(…)
Cet extrait est intéressant, car il montre une perception des gens de la fin du 19e dans ce grand sud ouest qu’ils nomment Gascogne composé de plusieurs « région » (limousin, Béarn…) mais ou les gens peuvent se comprendre car ils parlent « une langue d’oc ». Ils l’utilisent au singulier mais sont capable de différencier chacune des régions qui la composent. Ce qui sous entend l’existence des différences culturels ; Il est connu qu’au travers cette région, des accents, des prononciations soit différentes, entre les montagnes et la vallée, le coté Atlantique ou Garonnais. Il semble inévitable alors de pouvoir affirmer certaine spécificité linguistique très locale malgré une langue d’oc commune (base ou fondation linguistique).
Aujourd’hui il semble plus juste de parler « des langues d’oc » au même titre que « des langues d’oïl » et de préserver autant qu’il se peut ces spécificités au nom de la culture et du patrimoine locale qui compose la France.
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